Droits de succession 2026 : calcul, barèmes, donation et démembrement expliqués simplement (calculette intégrée)
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Les droits de succession dépendent presque entièrement de votre lien de parenté avec le défunt et du montant que vous recevez. Cet article propose une calculette interactive en début de page qui applique automatiquement l'abattement et le barème 2026 selon votre situation, puis un guide pédagogique sous forme de menus déroulants par profil (conjoint, enfant, frère, neveu, tiers, futur donateur) qui détaille les exonérations, les stratégies d'anticipation (donation tous les 15 ans, démembrement, assurance-vie) et plusieurs exemples chiffrés. Sources Code général des impôts et Code civil, à jour pour 2026.
Les droits de succession dépendent presque entièrement de deux paramètres : votre lien de parenté avec la personne décédée et le montant que vous recevez. Cet article répond à votre situation précise, sans vous obliger à lire les cas qui ne vous concernent pas. Données vérifiées pour 2026.
Avertissement. Cet article est une vulgarisation à visée pédagogique. Il ne remplace pas la consultation d'un notaire, dont l'intervention est obligatoire pour la quasi-totalité des successions (présence d'un bien immobilier, patrimoine supérieur à 5 000 €, testament, donations antérieures). Tous les chiffres sont issus du Code général des impôts en vigueur en 2026.
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Estimation indicative fondée sur le barème 2026 (articles 777, 779 et 796-0 bis du Code général des impôts). Le montant définitif est calculé par le notaire chargé de la succession en fonction de la composition exacte du patrimoine, des donations antérieures, des abattements spécifiques (résidence principale, biens professionnels) et des éventuelles exonérations applicables.
Pour aller plus loin selon votre situation
- Je suis le conjoint marié ou le partenaire de PACS du défunt
- Je suis un enfant ou un petit-enfant du défunt
- Je suis un frère ou une sœur du défunt
- Je suis un neveu ou une nièce du défunt
- Je suis un parent éloigné, un ami ou un concubin du défunt
- J'anticipe ma propre succession et je cherche à réduire les droits
Selon votre lien de parenté
Je suis le conjoint marié ou le partenaire de PACS du défunt
Vous êtes totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant transmis. Cette exonération s'applique depuis la loi TEPA du 21 août 2007article 796-0 bis du CGI. Aucune condition d'ancienneté de mariage ou de PACS n'est exigée.
L'exonération couvre l'intégralité de l'héritage : résidence principale, comptes bancaires, portefeuilles d'épargne, biens immobiliers locatifs, mobilier. La déclaration de succession reste néanmoins obligatoire dans les 6 mois, même si aucun droit n'est dû.
Attention : cette exonération ne concerne pas les concubins en union libre, qui sont fiscalement traités comme des tiers (taux de 60% après un abattement de 1 594 €). Un PACS ou un mariage est très vivement recommandé pour les couples en union libre qui souhaitent se protéger mutuellement.
Le conjoint survivant peut aussi opter pour l'usufruit universel ou pour le quart en pleine propriété. Ce choix impacte les droits dus par les enfants, mais ne modifie pas votre propre exonération.
Je suis un enfant ou un petit-enfant du défunt
Vous êtes en ligne directe, ce qui correspond au régime fiscal le plus favorable après celui du conjointarticle 777 du CGI. Trois éléments interviennent dans le calcul :
1. Votre abattement personnel. Chaque enfant bénéficie de 100 000 € d'abattement, individuel et personnel. Cet abattement se déduit avant l'application du barème. Pour les petits-enfants, l'abattement est de seulement 1 594 € dans le cadre d'une succession (31 865 € pour une donation).
2. Le barème progressif en ligne directe s'applique ensuite sur la part qui dépasse l'abattement, par tranches.
| Part nette taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5% |
| De 8 072 à 12 109 € | 10% |
| De 12 109 à 15 932 € | 15% |
| De 15 932 à 552 324 € | 20% |
| De 552 324 à 902 838 € | 30% |
| De 902 838 à 1 805 677 € | 40% |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45% |
3. Un exemple concret. Sophie hérite de 250 000 € de sa mère, dont elle est l'unique héritière.
Part nette transmise : 250 000 €
Abattement enfant : 100 000 €
Part taxable : 150 000 €
Calcul par tranches : 5% sur 8 072 € (403 €) + 10% sur 4 037 € (404 €) + 15% sur 3 823 € (573 €) + 20% sur 134 068 € (26 814 €)
Droits de succession dus : 28 194 €
Une réduction de 305 € par enfant s'applique à partir du troisième enfant à charge de l'héritierarticle 780 du CGI.
Je suis un frère ou une sœur du défunt
Le régime fiscal est nettement moins favorable qu'en ligne directe. L'abattement est de 15 932 €, soit environ six fois moins que pour un enfant. Le barème ne comporte que deux tranches, mais à des taux élevés.
| Part nette taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 24 430 € | 35% |
| Au-delà de 24 430 € | 45% |
Exonération possible sous trois conditions cumulatives. L'article 796-0 ter du CGI prévoit une exonération totale si vous remplissez les trois conditions suivantes au jour du décès :
- Être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps (les personnes pacsées sont exclues de ce dispositif)
- Avoir plus de 50 ans, ou être atteint d'une infirmité empêchant de travailler dans des conditions normales
- Avoir été constamment domicilié avec le défunt durant les 5 années précédant le décès
Exemple : Jean hérite de 100 000 € de son frère. Pas de cohabitation préalable, donc pas d'exonération possible.
Part nette transmise : 100 000 €
Abattement frère/sœur : 15 932 €
Part taxable : 84 068 €
Calcul par tranches : 35% sur 24 430 € (8 550 €) + 45% sur 59 638 € (26 837 €)
Droits de succession dus : 35 387 €
Soit un taux effectif de 35,4% sur le montant total hérité. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'assurance-vie est particulièrement utilisée pour transmettre entre frères et sœurs.
Je suis un neveu ou une nièce du défunt
Vous êtes en ligne collatérale au-delà du second degré. L'abattement est de 7 967 €, et le barème est forfaitaire au taux unique de 55% sur la part qui excède l'abattement.
Exemple : Marie hérite de 50 000 € de sa tante.
Part nette transmise : 50 000 €
Abattement neveu/nièce : 7 967 €
Part taxable : 42 033 €
Droits dus : 42 033 € × 55%
Droits de succession dus : 23 118 €
L'assurance-vie souscrite par votre oncle ou votre tante peut considérablement améliorer le résultat. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire désigné, puis d'un taux de 20% jusqu'à 852 500 € (au lieu de 55%).
Je suis un parent éloigné, un ami ou un concubin du défunt
Au-delà du quatrième degré de parenté, ou en l'absence de tout lien familial (ami, concubin, association), le régime fiscal est très lourd. L'abattement est de 1 594 €, et le taux unique de 60% s'applique sur la quasi-totalité du montant transmis.
Exemple : Un concubin reçoit 80 000 € par testament.
Part nette transmise : 80 000 €
Abattement tiers : 1 594 €
Part taxable : 78 406 €
Droits dus : 78 406 € × 60%
Droits de succession dus : 47 044 €
Soit un taux effectif de 58,8% sur le montant total. C'est la situation qui justifie le plus souvent le recours à l'assurance-vie, au PACS ou au mariage pour les couples concernés.
Le tableau des abattements à connaitre
L'abattement est la somme que chaque héritier peut déduire avant l'application du barème. Il est personnel à chaque héritier et dépend exclusivement du lien de parenté. Pour les donations, ces abattements se reconstituent tous les 15 ans.
| Lien avec le défunt | Abattement succession | Abattement donation |
|---|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire PACS | Exonération totale | 80 724 € |
| Enfant (ascendant ou descendant) | 100 000 € | 100 000 € |
| Petit-enfant | 1 594 € | 31 865 € |
| Arrière-petit-enfant | 1 594 € | 5 310 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 7 967 € |
| Parent éloigné, tiers, concubin | 1 594 € | 0 € |
| Personne handicapée (cumulable) | 159 325 € | 159 325 € |
L'abattement pour personne handicapée se cumule avec l'abattement personnel. Un enfant handicapé peut donc recevoir 259 325 € (100 000 + 159 325) en franchise totale de droits.
La méthode de calcul en trois étapes
Étape 1 : déterminer l'actif net taxable
L'ensemble des biens du défunt forme l'actif brut successoral : immobilier, liquidités bancaires, portefeuilles boursiers, parts de sociétés, véhicules, mobilier de valeur. On en déduit le passif : emprunts restant dus, factures impayées, frais funéraires (plafonnés à 1 500 €), dettes fiscales. Le résultat est l'actif net successoral.
La résidence principale du défunt bénéficie d'un abattement de 20% sur sa valeur vénale, à condition que le conjoint survivant, le partenaire pacsé ou certains enfants y résident à la date du décès. Cet abattement s'ajoute aux abattements personnels.
Étape 2 : répartir entre les héritiers
La masse nette est répartie selon les dispositions testamentaires (si testament) ou selon les règles légales de dévolution (à défaut). Le Code civil prévoit une réserve héréditaire pour les descendants (la moitié, les deux tiers ou les trois quarts selon le nombre d'enfants) et une quotité disponible que le défunt peut transmettre librement à qui il veut.
Le conjoint survivant peut opter pour l'usufruit universel (utilisation de tout le patrimoine sa vie durant) ou pour le quart en pleine propriété, lorsqu'il y a des enfants issus du couple.
Étape 3 : appliquer l'abattement puis le barème
Chaque héritier déduit de sa part l'abattement correspondant à son lien de parenté avec le défunt. La part qui reste après abattement est soumise au barème (progressif en ligne directe, forfaitaire en ligne collatérale ou pour les tiers).
Les droits sont dus solidairement par tous les héritiers. En pratique, chacun paie sa part au prorata de ce qu'il reçoit.
Anticiper sa succession : les leviers à connaitre
La donation tous les 15 ans
C'est le levier le plus puissant et le plus accessible. Les abattements applicables aux donations sont identiques à ceux des successions, mais ils se reconstituent intégralement tous les 15 ansarticle 784 du CGI.
Concrètement, un couple avec deux enfants peut transmettre 400 000 € en franchise de droits aujourd'hui (4 × 100 000 €), puis renouveler l'opération 15 ans plus tard pour 400 000 € supplémentaires. Sur 30 ans, c'est 800 000 € transmis sans aucun droit, plus l'abattement de 400 000 € disponible au moment du décès si le délai de 15 ans depuis la dernière donation est respecté.
La donation suppose le passage par un notaire (acte authentique) sauf pour les dons manuels limités. Elle est irrévocable une fois consentie, ce qui en fait un engagement à mûrir.
Le démembrement de propriété (usufruit et nue-propriété)
Le démembrement consiste à séparer la propriété d'un bien en deux composantes : l'usufruit (droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus) et la nue-propriété (droit de disposer du bien). Le donateur conserve l'usufruit, le bénéficiaire reçoit la nue-propriété.
La valeur fiscale de la nue-propriété dépend de l'âge de l'usufruitier au moment de la donationarticle 669 du CGI :
| Âge de l'usufruitier | Valeur usufruit | Valeur nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 90% | 10% |
| De 21 à 30 ans | 80% | 20% |
| De 31 à 40 ans | 70% | 30% |
| De 41 à 50 ans | 60% | 40% |
| De 51 à 60 ans | 50% | 50% |
| De 61 à 70 ans | 40% | 60% |
| De 71 à 80 ans | 30% | 70% |
| De 81 à 90 ans | 20% | 80% |
| 91 ans et plus | 10% | 90% |
L'intérêt fiscal est majeur. Si vous donnez la nue-propriété de votre résidence à vos enfants à 65 ans, seule la valeur de la nue-propriété (60% du bien) est soumise aux droits de donation. À votre décès, l'usufruit s'éteint sans aucun droit supplémentaire, et vos enfants deviennent pleins propriétairesarticle 1133 du CGI.
Exemple : donation de la nue-propriété d'un bien de 400 000 € à 65 ans à un enfant unique. Valeur fiscale de la nue-propriété : 60% × 400 000 = 240 000 €. Abattement : 100 000 €. Droits dus sur 140 000 €, soit environ 26 194 €. À votre décès, votre enfant récupère la pleine propriété sans aucun droit supplémentaire.
L'assurance-vie, un outil hors succession
Les capitaux versés au titre d'une assurance-vie ne font pas partie de la succession civile et bénéficient d'une fiscalité spécifique très avantageuse, surtout pour les transmissions hors ligne directe.
Primes versées avant 70 ans : chaque bénéficiaire désigné bénéficie d'un abattement de 152 500 € sur les capitaux reçusarticle 990 I du CGI. Au-delà, le taux est de 20% jusqu'à 852 500 €, puis 31,25%.
Primes versées après 70 ans : un abattement global de 30 500 € s'applique sur l'ensemble des bénéficiaires (et non par bénéficiaire), puis les droits de succession classiques s'appliquent sur le surplusarticle 757 B du CGI. Les intérêts générés restent exonérés.
L'assurance-vie est l'outil privilégié pour avantager un concubin, un ami, ou un neveu, qui basculent ainsi d'un taux de 55% ou 60% à seulement 20% au-delà de 152 500 €.
La donation-partage
La donation-partage permet d'anticiper et de figer le partage de votre patrimoine entre vos enfants, de votre vivantarticle 1075 du Code civil. Elle présente deux avantages majeurs par rapport à une simple donation.
D'une part, elle fige la valeur des biens à la date de la donation pour le calcul ultérieur de la réserve héréditaire. Si vous donnez un appartement à votre enfant aîné en donation-partage et qu'il prend ensuite de la valeur, vos autres enfants ne pourront pas contester cet enrichissement au moment de votre décès.
D'autre part, elle évite les conflits familiaux ultérieurs, en répartissant clairement et publiquement le patrimoine entre les héritiers.
La donation-partage suppose le passage par un notaire et engage tous les enfants concernés, qui doivent y consentir.
Le cas particulier de la résidence principale
Depuis 2004, la résidence principale du défunt bénéficie d'un abattement de 20% sur sa valeur vénale pour le calcul des droits de succession, sous condition que le conjoint survivant, le partenaire pacsé ou certains enfants (mineurs ou majeurs invalides) y résident à la date du décès.
Cet abattement de 20% s'applique sur la valeur vénale du bien avant d'intégrer la part dans la base taxable de chaque héritier. Pour un bien évalué à 500 000 €, la valeur retenue n'est que de 400 000 €, soit une économie significative.
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Délais et déclaration
La déclaration de succession doit être déposée auprès du service des impôts compétent dans un délai de 6 mois après le décès lorsqu'il survient en France métropolitaine. Ce délai est porté à 12 mois pour un décès survenu à l'étranger ou outre-merarticle 641 du CGI.
La déclaration n'est obligatoire que si l'actif brut successoral dépasse 50 000 € en ligne directe (seuil abaissé à 3 000 € pour les autres héritiers). Au-delà de ces seuils, l'omission entraîne des intérêts de retard de 0,20% par mois (soit 2,40% par an) et une majoration de 10% au-delà de 6 mois de dépassement.
Le paiement peut être fractionné sur 1 à 3 ans, voire différé jusqu'à 10 ans pour certains biens (entreprises, biens démembrés). Ces facultés sont soumises à la constitution de garanties et au paiement d'un intérêt légal.
Et pour le patrimoine immobilier ?
L'immobilier représente souvent la part la plus importante d'une succession et soulève des questions spécifiques que nous accompagnons régulièrement à l'agence : faut-il vendre le bien transmis pour payer les droits, ou conserver et louer ? La comparaison entre vendre et louer un bien hérité à Montrouge guide cette décision. Si la vente est retenue, notre méthode d'évaluation du juste prix de marché et l'estimation gratuite en ligne sont les premiers outils à mobiliser.
Pour anticiper en amont, l'article complémentaire sur les passoires thermiques et l'influence du DPE aide à évaluer la décote éventuelle des biens transmis. Et notre guide des diagnostics obligatoires récapitule les documents à préparer en cas de vente d'un bien hérité.
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Parler de votre projet patrimonialSources : Code général des impôts (articles 777, 779, 784, 790 B/G, 796-0 bis, 796-0 ter, 669, 990 I, 757 B, 641, 780), Code civil (articles 720 à 892, 1075, 1133), service-public.fr, BOFiP. Article publié en juin 2026, à actualiser après chaque loi de finances modifiant les barèmes ou les abattements. Cet article ne se substitue pas à la consultation d'un notaire pour un cas réel.